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Infolettre juin 2018

Aujourd'hui, nous vous proposons de lire la synthèse de ce qui a été dit dans l'atelier sur "Notre rencontre avec l'Islam"
N'oubliez pas d'aller rendre visite sur le blog de la FLM pour y connaître les dernières informations : blog de la FLM
Et pour partager la prière des laïcs au niveau international : blog international
Bonne lecture et profitez bien du mois de juin.
Hélène pour le comité de rédaction




I.                    Où, dans quelles circonstances rencontrons-nous l’Islam ?


           Nous rencontrons l’Islam, les musulmans, le plus souvent dans notre entourage proche : famille, voisinage, lieu de travail, moyens de transport. Elle prend alors la forme de rencontre individuelle, avec des personnes que l’on connaît et avec lesquelles on vit, sauf dans les moyens de transport où elle est anonyme, aléatoire, et ponctuelle et n’a pas la valeur d’une vraie rencontre.

Pour certains d’entre nous, minoritaires, elle a lieu aussi au sein de groupes constitués, se donnant pour but précisément la rencontre, la connaissance mutuelle et le partage : groupes de rencontre islamo-chrétien, groupe d’accueil des migrants, centre de services.

Certains d’entre nous n’ont pas d’occasion de rencontrer des musulmans.

Les média, bien sûr, nous mettent en relation avec le monde musulman, mais de manière indirecte et virtuelle, et ne constituent pas une véritable rencontre.





II.                 Ce qui nous enrichit et nous réjouit ; ce qui nous inquiète et nous interroge.



Ce qui nous réjouit, c’est souvent le constat  d’une véritable gentillesse qui s’exprime entre voisins, ou dans les moyens de transport, ou dans les groupes, de la part des anciens (le socle ancien des musulmans en France) mais aussi des jeunes générations. On peut y trouver même de la curiosité apparemment bienveillante pour ce que nous sommes, nous chrétiens, et ce que nous croyons. Dans l’accueil des migrants musulmans, on reçoit des marques de reconnaissance et de confiance, nous conférant quelques fois un statut angélique.

C’est encore la solidarité que l’on constate entre eux ;  ou encore la manière qu’ils ont d’exprimer publiquement leur foi (respect du temps de la prière quelles que soient les circonstances : cela est vrai surtout en Afrique).

Et enfin la dénonciation, dont certains musulmans sont capables, de la violence perpétrée par certains se réclamant de leur religion. Cela paraissant quelque chose de nouveau.



Ce qui nous inquiète par contre, c’est l’agressivité et la violence verbale s’exprimant rapidement chez des jeunes à l’égard de notre société non musulmane (au contraire de leurs parents ou grands parents), leurs attitudes de provocation par incivilité, de fermeture ou d’opposition aux normes sociales et aux lois, au motif de leur identité ou de leur foi arabo-musulmane ; c’est l’adoption grandissante toujours chez les jeunes, hommes et femmes, de comportements socio-religieux rigoristes (tenue vestimentaire) et la transmission aux jeunes enfants de la vision méprisante portée sur le monde non-musulman propre à l’islam radical ; ces phénomènes manifestant globalement, dans les jeunes générations, une régression de la volonté d’intégration et d’ouverture, signe sans doute de la réislamisation menée par le Wahabisme.

Une autre source d’inquiétude ou d’interrogation, c’est une certaine pauvreté de la culture religieuse musulmane chez des jeunes, élevés dans des familles où il y a peu de dialogue avec la génération des parents, ou par la mère seule : ils ne connaissent pas vraiment le coran (alors qu’ils revendiquent une posture musulmane pure et dure) ; c’est encore l’absence apparente d’effet, d’influence de leur pratique religieuse sur leur vie éthique.



III.              Quels sont les signes d’espérance que nous voyons dans ce problème de la rencontre de l’Islam ?



Pourtant, nous notons des signes d’espérance vis-à-vis de la question sociale et relationnelle que pose  l’islam en Europe :



Des expressions de confiance et d’ouverture (entre personnes musulmanes et non musulmanes) sont là : on peut se parler, tisser des liens d’amitié ; des demandes de rencontres proviennent quelquefois du monde musulman, à notre égard : « on veut vivre quelque chose ensemble» ; des groupes de rencontre existent et sont vivants ; on se rend compte des deux côtés qu’il faut vivre ensemble, le monde actuel nous y « condamne » et, pour cela, il faut s’accepter comme on est.



L’expression, à la fois plus nombreuse et plus audacieuse, de femmes en islam réclamant pour elles-mêmes un respect et des droits qui cassent les modèles musulmans conservateurs est un autre signe d’espérance.



Il y a des motifs d’optimisme dus à des raisons objectives ou factuelles :

L’amélioration de l’économie et donc de l’emploi, si elle profite aux jeunes musulmans pour l’instant largement déshérités, apaisera la rancœur de ceux-ci, leur réflexe de fermeture et d’affirmation de leur identité séparée ; la laïcité impose  un modus vivendi plus respectueux les uns des autres sur le plan religieux ; la rencontre numériquement plus large du monde musulman avec le monde occidental poussera inévitablement le premier vers l’esprit critique occidental, à l’égard de sa propre religion.



La présence de l’islam en France et sa rencontre obligée pousseront les chrétiens à approfondir le cœur de leur foi, ce qui les rendra peut-être plus assurés dans la rencontre de l’autre.



IV.              Que peut-on, que doit-on faire du point de vue chrétien pour cette rencontre de l’Islam ?



On l’a dit : la rencontre est aujourd’hui inévitable et le sera de plus en plus. Tout le monde, hors mis la petite minorité extrémiste, a intérêt à ce qu’elle soit pacifique. De notre point de vue, celui de notre foi chrétienne, que pouvons-nous faire pour y contribuer ?

On constate que la meilleure façon de nous rapprocher et de nous accepter est de nouer une relation de personne à personne. Il faut donc chercher à multiplier ces relations personnelles où les idées a priori et générales tombent ; des relations où l’on ne discutera pas forcément en théorie sur notre foi respective, mais où on développera des gestes de communauté de vie, d’entraide et d’amitié, et où on connaîtra l’autre. L’ignorance, la nôtre sur l’islam et les musulmans, est à combattre. Cette volonté de rencontre suppose, bien sûr, de la disponibilité et l’acceptation de se laisser déranger.



Il nous faut donc des lieux concrets de rencontre : il en existe déjà, associatifs, communaux, paroissiaux : il faut en créer d’autres.

Cette volonté chrétienne, concrète et humble, aurait besoin d’être soutenue et inspirée par les chefs de notre Eglise. On regrette leur silence.

En tout état de cause, il nous faut persévérer dans l’amour.



                                                                                                          Daniel Mellier

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